Des Jours Et Des Nuits

Entre l'adaptation télévisée de "Des jours et des nuits" et le roman de Gilbert Sinoué, des variantes. Deux histoires intimement liées. (Titre en Espagnol "la Mujer Del Sueño")

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Lieu : France

mardi, février 08, 2005

Clara/Flora.. Dora/Sara.. Richard/Ricardo

MADRAL : Richard Deligny, Clara et Dora (Alexandra)
SINOUE : Ricardo Vacarezza, Flora et Sara

CLARA/FLORA ET DORA/SARA

Le personnage de Dora/Sara est lisse. C’est une belle femme indubitablement, mais surtout belle, elle l’est de fàçon particulière aux yeux de Richard/Ricardo.

Sa beauté ne sort pas à ce point des normes cependant pour suciter une telle fascination chez un homme au point d’en perdre la raison. Surtout à notre époque où les médias savent exacerber et sublimer la beauté de toutes sortes et sous toutes sortes de formes.

On n’apprend que peu de choses d’elle au cours du récit.

A sa façon pourtant elle a fait son chemin vers lui. Inconsciemment - quel que soit le terme approprié -, elle s’est retrouvée à étudier sur les lieux mêmes où s’était jouée leur relation (3000 ans auparavant selon l’histoire qui lui racontée par Richard), et elle le fait dans la situation la plus adaptée, celle d’archéologue. Sans mémoire cependant de quoi que ce soit qu’il s’agisse de mémoire d’une autre vie ou du rêve de Richard, elle a exploré les lieux avant qu’il ait rêvé d’elle, elle a travaillé dans la galerie là où ils sont sensés avoir vécu ensemble dans une autre vie.

Elle est aussi la pointe d’exotisme qui survient en période de routine dans une vie de PDG rompu faux chiffres et aux réunions d’affaires.
Mais est-ce bien un argument suffisant pour faire basculer la vie d’un homme bien campé dans la dure réalité du monde des affaires et qui à en juger par sa situation matérielle et professionnelle a accès à toutes sortes de plaisirs.

Non. Ce qui caractérise la belle dorienne c’est son côté surnaturel et tout ce dont elle peut être investie de par cette condition. Elle vient comme le couronnement d’une existence à son apogée la complèter en ouvrant les portes de l’absolu et du sacré.


Belle, Flora la jeune fiancée de 27 ans l’est, même comme dit l’expression « d’une beauté insolente », sans doute plus belle même que Sara.

Pourtant malgré toutes les qualités de la jeune femme et son désir de femme qui comme dit l’adage ne pouvait être qu’un ordre pour un homme comme Vacarezza, celui-ci est boudé par le plaisir avec elle depuis que l’inconnue a fait irruption dans ses rêves.

« Chaque fois au moment suprême, l’orgasme se dérobait. Alors insensiblement sur le visage de sa fiancée se superposa celui de la mystérieuse femme de ses rêves. La seconde gomma la première avec tant de naturel que l’on eût pu croire que l’intruse n’était pas l’étrangère, mais Flora. L’étrangère revenait prendre possession de son bien, elle revenait sur ses terres.

Il se laissa envahir, offert, vendu, sans condition. Il s’abandonna à elle au milieu de sa solitude comme à un guide dont on pressent qu’il vous conduit vers la lumière. »


- Description du plaisir sexuel masculin p.120-121, (Extrait)


Argument de Flora, la fiancée lors de la rupture : Chap. 15 - p. 231 :

« Je sais que je t’aime parce qu’il est plutôt rare de faire l’amour avec un homme et d’éprouver à chaque fois qu’il entre en vous, le désir farouche de vouloir un enfant de lui. Ce désir je l’ai ressenti la première fois que tu m’as frôlée. C’est excessif sans doute. Mais c’est ainsi. Alors je t’en prie ne m’implique pas dans tes états d’âme. Je n’en ai pas. Je n’en ai jamais eu. »

En d'autres termes Flora justifie son « amour » par l’instinct de reproduction ressenti pour cet héritier surnommé « El Guapo ». Etre sa compagne c’est pour elle une fierté, un moyen de s’affirmer socialement en tant que femelle « dominante » parce que choisie par un mâle dominant.

Elle est femelle et prétend ne pas avoir d’états d’âme.
Quoi qu’elle entende par cela, elle ne tient pas à partager ceux de son fiancé. Elle choisit de ne pas les entendre car elle devine qu’ ils lui renverraient ce qu’elle représente aux yeux de cet homme c’est à dire bien peu. Elle ne peut exister qu’aux yeux du simulacre de Ricardo Vacarezza.

RICHARD DELIGNY ET RICARDO VACAREZZA

L’un et l’autre se caractérisent par la réussite de leurs vies comblées matériellement, professionnellement et socialement. Pourtant côté vie privée, ils diffèrent quelque peu.

Ricardo : Face à l’aventure qui accapare sa vie, la jeune Flora perd la manche. Ses arguments ne font pas le poids dans la balance des priorités de cet homme conquérant, assoiffé par la vie qui prend cette aventure qui s’offre à lui comme un challenge de plus. Un challenge important, incontournable. Il veut se donner les moyens d’explorer les nouveaux territoires qui lui sont proposés par les voies de l’inconscient. Par le biais de la mythologie de la Grèce Antique, il va se trouver confronté au monde de l’archéologie et aux dernières découvertes en la matière.

Alors que Richard est comblé par une femme aimante et un fils en âge d’entrer à son tour dans la vie d’adulte, Ricardo sur le point de « prendre femme », n'est pas encore engagé définitivement, ni aussi profondément attaché qu'une vie commune de 20 ans le suppose.

La décision de rompre avec sa fiancée a une toute autre résonnance que s’il s’agissait de quitter sa compagne de toujours, l’un des repères les plus sûrs de son existence comme Richard va être amené à le faire. Face à son choix il est seul et désemparé car il remet en cause tout ce qui constituait la base de son existence.

"Seul car qui pourrait le croire hormis elle ?"

Dans la version filmée Richard est seul. Complètement seul. C'est même une des conditions indispensables au processus qu'il entreprend de traverser. Il arbore triste mine et piètre état de santé, risque sa vie, brave même la mort au cours d'un rêve et implore la pitié de son principal bourreau qui estime agir pour son bien, son épouse.

" C'est par le jeu des comédiennes que sa folie existe. En effet le héro est le théâtre du combat que se mènent les deux femmes en son cœur". (Stéphane Freiss)

Pourtant 'combat' n'est pas le terme adapté car ni l'une ni l'autre de ses femmes n'est consciente de ce qui se trame.

L’une, l’épouse est évincée par un fantôme alors que l’autre, la rivale ignore jusqu’à l’existence de celui qu’elle est prétendue ravir !


1 Comments:

Blogger Yansel said...

Ricardo Vacarezza ne prend pas autant de risques que Richard Deligny.

La démarche du français est évidemment plus "osée" que celle de l'argentin. Les stades par lesquels il passe sont mieux dépeints, plus conformes à la "vérité" dans le téléfilm que dans le roman qui se répand longuement en considérations sur le fonctionnement de l'esprit, et fait étalage des dernières connaissances "grand-public" en la matière.

Dans le roman, il est signifié que la psychanaliste "croit" son patient, ce qui donne à Ricardo Vacarezza un appui de choix mais déprécie voire discrédite l'intrigue.

Je ne parle pas de l'entorse faite à la déontologie par la psychanalyste envers son corps de métier. (Après tout, elle agit plus en tant que chercheur dont le patient devient sujet d’expérience qu’en tant que thérapeute. Aussi ce n'est pas mon rôle d'en juger.)

Non, je veux parler de la démarche du héro qui doit être vécue en complète solitude. Tous ceux qui peuvent s'y impliquer ne peuvent qu'interférer, contrarier, dévier la trajectoire de Richard/Ricardo vers son Inconnue.

11 février, 2005 23:51  

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